L’imprimante de la mise en scène

Effondrés par la chute effrénée du Bitcoin de ces derniers jours ? En ces heures sombres de ce début d’année 2018, voici un sujet qui peut avoir son importance : la « politique » de l’imprimante… mise en scène ! :)

De quoi s’agit-il ?

En premier lieu, pour l’équipe mise en scène, en particulier les assistant(e)s réalisateurs, de disposer de leur propre imprimante pendant le tournage. Ceci, afin de pouvoir imprimer des documents essentiels à la volée et en toute indépendance.

Drôle d’idée !? Il y a l’imprimante de la prod !

Oui, en effet et elle est bien pratique en préparation. Cependant, en tournage, vous en verrez vite les limites. Elle peut tomber en panne, manquer d’encre (le grand classique) ou encore être indisposée car au fin fond du camion régie ou dans un bureau fermé à clé…

Quand votre réalisateur vous envoie tardivement en fin de journée une scène réécrite qui se tourne le lendemain, vous serez bien avisés d’avoir votre propre imprimante dans votre chambre d’hôtel en rentrant ou chez vous (si vous n’en avez pas une perso).

Vous l’aurez compris, cette imprimante mise en scène vous permettra principalement une livraison fiable des jours à jours pour le lendemain. Pas question d’arriver les mains vides pour la mise en place.

N’hésitez pas à aller lire ou relire le billet ARA sur le sujet : Quid du « jour à jour » !

Pourquoi ne pas anticiper les impressions durant la journée de tournage au bureau de prod ?

Bien évidemment. Ça soulagera les cartouches / toners de votre imprimante mise en scène au passage avec une imprimante de production souvent plus véloce et robuste. Mais l’erreur est humaine. Documents égarés, oublis, mauvaise version, réécriture « last minute » encore une fois, etc.

Et si l’imprimante de prod tombe en panne ?

C’est à ce moment-là que les membres de la production vous aiment encore plus car ils savent que vous avez la vôtre. Personne ne sera pris de court. C’est comme à la NASA qui fait tout en double paraît-il pour être sûre de sa réussite.

Et le scripte dans tout ça ?

Le scripte, qui fait partie intégrante du département mise en scène, sera aussi ravi de pouvoir profiter de votre imprimante si ce dernier oublie une impression au bureau pendant la journée de travail.
Pour ses photos raccords ceci dit, il utilisera le plus souvent sa propre imprimante photo portable en cas de besoin. À l’heure des smartphones et autres tablettes, les impressions du scripte se font parfois plus rares (et c’est plutôt écolo) mais elles existent toujours. Ahhhh, ce bon vieux Polaroid…

D’accord, d’accord… mais il faut plutôt une jet d’encre ou une laser ?

Le jet d’encre est idéal pour une utilisation occasionnelle et pour l’impression de photos. Les imprimantes qui utilisent ce procédé sont généralement moins chères à l’achat mais gare aux coûts des consommables.

Le laser, lui, vise plutôt un usage massif et possède un meilleur débit. Les imprimantes laser atteignent des vitesses d’impression comprises entre 12 et 24 pages par minute, alors que celles à jet d’encre ne dépassent guère les 4 pages par minute.
Autres avantages, ces imprimantes sont souvent plus silencieuses et vous ne risquez pas d’avoir le phénomène de l’encre séchée comme avec une jet d’encre dans le cas d’une utilisation occasionnelle. Aucun risque cependant pendant un tournage ! Seul hic sur ce type d’engin, l’accès à la couleur est onéreux.

Une Multifonction ou Monofonction ?

Tout dépend des moyens et des besoins mais un scanner peut s’avérer utile et à peine plus cher. Le wifi par contre, une douceur qui peut s’avérer aussi pratique que délicate à configurer. Il vaut mieux s’en passer au profit du bon vieux câble USB.

Et le poids dans tout ça… ?

Du léger si cette imprimante a une vocation nomade bien entendu. Mais cela a un prix… À contrario, un paramètre mineur si cette imprimante mise en scène reste dans le lieu de résidence du second ou troisième assistant, selon les films, qui sera en charge des jours à jours.

On n’oubliera pas de télécharger et d’installer en fin de préparation les pilotes (drivers) de cette fameuse imprimante de fonction pour éviter de découvrir les classiques déconvenues en cas de dernière minute : pas de lecteur CD sur votre ordinateur alors que vous avez le CD d’installation, pas d’accès à internet sur votre décor / lieu d’hébergement pour les télécharger, incompatibilités divers avec votre système d’exploitation trop ancien lors de l’installation…

Vous m’avez convaincu mais le directeur de production va me dire non !?

Quand vient ce moment délicieux de demander cette « faveur » au directeur de production, généralement assez peu habitué à cette demande, il faut être pédagogue. L’utilité de la chose étant assez implacable, ce dernier vous assènera le barrage du coût (à partir d’une centaine d’euros et bien plus selon les modèles).

Sur un film fauché, ça peut se comprendre alors on pourra lui proposer au pire pour le convaincre de la racheter en fin de tournage à moitié prix. Il fait une affaire et vous aussi. :) Les consommables resteront évidement à la charge de la production, surtout si vous prenez votre imprimante personnelle pour le tournage à défaut d’une de fonction.

En conclusion, c’est à vous de voir le meilleur rapport qualité / prix et surtout vos besoins, mais pour notre département généralement, le noir et blanc suffit le plus souvent et une laser sera plus fiable qu’une jet d’encre.

C’est maintenant que je me rends compte qu’il y avait pleins de choses à dire sur ce sujet. :-O Et vous ? Quelles sont vos astuces ?

Victor Baussonnie

Victor Baussonnie

1er assistant réalisateur passionné - Paris / France

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