Les 7 erreurs de l’assistant réalisateur

Voici les erreurs classiques de l’assistant réalisateur qu’il serait bon d’éviter si vous voulez que le téléphone continue à sonner dans un avenir proche… car ces poncifs pourraient nuire à votre travail et au film plus largement.

Même aguérri, l’assistant n’est jamais à l’abri d’un « dérapage » et dans ce métier comme dans bien d’autres, on a parfois tendance à retenir plus facilement les petits échecs que les grandes réussites… Alors gaffe ! :)

1Ne pas déléguer !
Un assistant qui ne délègue pas va boire la tasse à un moment ou un autre et finira par commettre une erreur, petite ou grande. De plus, il frustrera son équipe mise en scène qui, progressivement, se sentira moins impliquée, moins concernée… L’incapacité à déléguer rime souvent avec un manque d’expérience et de confiance en soi et donc en l’autre.

2Gueuler !
Un électro m’a filé ce tuyau à mes débuts : « Si tu gueules le premier jour, tu passes pour un con et plus personne ne t’écoutera »… ! Bien vu et un grand merci :) Un premier jour, l’équipe se rôde alors inutile de faire du zèle. Etre maître de soi, de ses émotions est sans doute l’aspect le plus difficile à gérer à ses débuts d’assistant et également tout au long d’une carrière selon votre caractère bien entendu. Un assistant sera apprécié pour son calme face aux situations stressantes. Si vous devez gueuler, ou plutôt porter la voix inhabituellement, à un moment ou un autre, cela peut arriver, mieux vaut mieux le faire à point nommé quand la situation l’exige. Sinon, c’est le discrédit assuré.

3Se substituer aux autres !
Chacun son boulot, chacun ses prérogatives… L’assistant néophyte est souvent zélé et d’autant plus sur des films fauchés à « énergie ». L’assistant interface avec tous les corps de métier du plateau mais il ne doit pas se substituer pour autant à eux en faisant leur boulot. Je ne parle pas ici du petit coup de main de bon sens pour aider en fin de journée un technicien par exemple à ramener une caisse au camion mais de l’assistant qui clape alors que le machiniste, face à lui, se la coule douce depuis une heure, assis sur une caisse derrière la caméra. « No offence » aux machinistes, ce n’est qu’un exemple (vécu ceci dit) :) Ou encore de gérer un manteau de confort comédien entre les prises alors que l’habilleuse est disponible… (toujours du vécu) :) Les exemples sont multiples mais tâchez d’y penser. Ca vous évitera d’être pris pour cible injustement en cas de problème et vous permettra surtout de vous concentrer sur VOTRE travail.

4Ne pas communiquer !
Un bon assistant réalisateur n’est pas mutique et encore moins autiste. Il communique constamment en aiguillant les bonnes informations aux bonnes personnes et aux bons moments… et filtre éventuellement tout ce qui pourrait ralentir un plateau ou surcharger un réalisateur. Alors soyez un bon communicant. Vaut mieux trop en dire que pas assez. Le bon dosage viendra avec le temps et l’expérience.

5Mal gérer les priorités !
Chaque poste doit avoir le temps de faire son travail convenablement mais parfois, ce temps vient à manquer et c’est à vous de gérer cela au mieux en passant en mode « prioritaire ». Certaines choses peuvent attendre quand d’autres non : un raccord HMC du troisième plan à suivre qui vous prend un comédien du plateau alors que vous avez besoin de lui ici et maintenant pour le premier… La pose d’une plaque d’immatriculation arrière sur une voiture de jeu qui stoppe un plan alors qu’on ne filme que l’avant pour l’instant… Une mise en place qui se transforme en répétition … Une multitude d’exemples encore une fois. Il n’y a vraiment que le bon sens et surtout l’expérience qui vous aideront à bien gérer les priorités.

6Ne pas dormir !
Que dire si ce n’est l’évidence même. Un assistant réalisateur est un être humain composé de chair et de sang. Il a besoin de récupérer comme tout le monde malgré ses 12 à 16h de travail quotidien. Alors il faut savoir remettre à demain ce qui peut l’être par exemple. Il fera sans doute en 30 minutes en se levant plus tôt ce qu’il aurait mis une heure ou plus à faire la veille au soir devant son ordinateur avec l’épuisement. Tout comme s’épuiser outre mesure en préparation et arriver exténué au tournage… Bien se reposer, apprendre à s’aménager du temps pour soi le week-end ou le soir en semaine… c’est avoir toute sa tête pour bien se concentrer en préparation et sur le plateau.

7Ne pas anticiper !
Tout comme l’incapacité à communiquer et à déléguer, l’absence ou le manque d’anticipation n’est pas envisageable, non plus, pour un bon assistant réalisateur. Quand il tourne le plan A, il pense déjà au plan B et à tous ceux qui suivent mais également à la journée du lendemain, voir aux jours suivants, etc… Et oui, anticiper c’est gagner du temps pour éviter d’en perdre, assurer un bon rythme de tournage et gommer les inerties. Anticiper, c’est sans doute la prérogative numéro 1 de l’assistant réalisateur.

Victor Baussonnie

Victor Baussonnie

1er assistant réalisateur passionné - Paris / France

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  • Pauline Gillet

    Très bon article Victor ! J’ai hâte d’appliquer tous ces conseils ;-)

  • Mathilde Dusseau

    Article très instructif, merci !

  • Sophie Deutsch

    Merci et bravo pour ce listing des erreurs à éviter ! Très complet je ne vois pas quoi ajouter, mais comme tu dis Victor, c’est avec les expériences qu’on apprend à les éviter. Et avec de la communication dans l’équipe, qui à mon sens est le plus important pour ça roule au mieux !

  • Merci Tibwa pour ton commentaire. Il est clair que chaque corporation de métier possède ses analogies au notre.

  • Tibwa Nzapa

    Un article qui rend les assistants réalisateurs humains, finalement :)……A leur façon, ils ressemblent aux assistants de production face à leurs directeurs de prod.