Les 4 étapes pour bien préparer des repérages !

La définition des repérages que Wikipedia résume très bien :

Au cinéma ou à la télévision, le repérage est l’étape de la préproduction qui consiste à trouver un lieu de tournage adéquat pour des scènes nécessitant d’être tournées en extérieur ou en intérieur en dehors des studios. Ces décors sont dits « naturels » car ce ne sont pas des décors reconstitués. Cette recherche peut être effectuée par le réalisateur, par ses assistants, ou par des membres de l’équipe de production. Depuis les années 1990, le recours à des techniciens spécialisés dans la recherche de décor se développe fortement. Ces techniciens s’appellent des repéreurs. Ils cherchent et trouvent les décors correspondants aux impératifs de mise en scène, s’assurent de la faisabilité technique et pratique du tournage. Ils présentent ensuite les clichés du décor au réalisateur en vue de leur validation définitive.

Comment bien s’y prendre avant d’aller sur le terrain, voici les étapes préparatoires avant de se lancer.

1Etablir une liste des séquences par décor !
A partir du dépouillement du scénario bien sur (on reviendra dans un futur billet sur le sujet), sur Excel ou MMS / MovieData, le premier assistant réalisateur rédige ce document très pratique en repérage où les séquences sont regroupées par décor. Ainsi sur une page (court-métrage) ou deux, voir trois (long-métrage), on obtient une vue d’ensemble des décors et sous-décors du film. L’assistant y inclut aussi les résumés d’action, les rôles principaux, la chronologie et ses estimations de temps de tournage (par séquence et par décor).

2Valider un descriptif des décors avec le réalisateur
Sur un autre document, sous Word par exemple, sans modèle particulier, le premier assistant liste les décors et sous décors par ordre alphabétique et avec un court descriptif de ces derniers à partir des indications du scénario, des discussions avec le réalisateur mais il doit valider celles-ci avec ce dernier qui aura sans doute d’autres éléments à y faire figurer.
Par exemple, pour un appartement ou une maison, il faudra définir le nombre de pièces, une surface, un style décoratif, une époque, le type de vue, etc… Il est capital que ce descriptif ne comporte pas trop d’informations potentiellement interprétables comme des impératifs par un repéreur… Cela bloquerait rapidement les recherches. Indiquez en quelques lignes ce qui est incontournable et les petits plus souhaitables. Il est possible d’y adjoindre quelques références imagées fournies par le réalisateur, le premier assistant ou encore le chef déco.

Le décor idéal n’existe pas ! Définissez des priorités.

3Les premières recherches…
C’est là que le repéreur intervient, une fois embauché par le directeur de production. Avec le scénario bien en tête, les documents cités ci-dessus et un échange préalable avec le réalisateur ET le premier assistant pour aborder les contraintes du plan de travail, il peut se lancer… mais pas de suite sur le terrain. Tout d’abord, il devra entamer un intense travail de recherche et de documentation.

En voici les principaux axes :

– Internet (Google :)
– Eplucher son fichier personnel. Un décor déjà repéré ou filmé lors d’un film précédent ?
– Jouer du bouche à oreille dans son réseau (Consoeurs, confrères, un pote, la grand-mère, groupes et annonces sur les réseaux sociaux…). Selon les cas, il peut se renseigner auprès des institutions publiques comme la mairie. Consulter les associations, les commerçants du coin, les concierges et gardiens d’immeubles…
Google Maps via Street View pour voir des décors extérieurs. Attention, les photos ne sont pas toujours récentes mais ça fait gagner du temps avant de se rendre sur place, quand on recherche un décor de façade, de toit, de rue… ou même une route campagne par exemple.
– Etudier le fichier de la Commission du film local. Travailler étroitement avec le bureau d’accueil de tournage de la région concernée est important voir incontournable car il a des contacts et des fichiers de décors. Parfois, certains bureaux peuvent même faire des pré-repérages et/ou amorcer des prises de contacts auprès de décors difficiles et cela, gratuitement … Préalablement contacté par la production et le premier assistant réalisateur, le bureau travaillera étroitement avec le repéreur.

Réseau des commissions du film locales

Source : www.filmfrance.net


– Jeter un oeil sur le site de Film France. Le site propose beaucoup de décors consultables en ligne, par type et zone géographique.
– Consulter les agences de repérages si le budget le permet… car elles coûtent trés chères en général.

Les sociétés de repérage

Source : www.filmfrance.net


Les repéreurs disposent souvent d’un temps très limité pour trouver beaucoup de décors alors il vaut mieux s’organiser pour ne pas en perdre.

Rare mais certains réalisateurs ne veulent pas d’un décor qui ne serait pas inédit. Autrement dit, déjà filmé !

4L’équipement indispensable à prévoir
– Un moyen de transport (voiture ou scooter) sinon à pied… si possible :)
– Un GPS selon son mode de transport. Mais il est également pratique pour avoir des coordonnées dans des coins reculés.
– Une montre.
– Un téléphone portable avec son chargeur.
– Une boussole.
– Un mètre ou un télémètre.
– Une lampe torche (si de nuit ou des catacombes à repérer :).
– Papier et stylo même si vous êtes plutôt adeptes du dictaphone avec notre smartphone.
– La liste des séquences par décor et le scénario.
– Un plan de travail si il y en a un.
– Des cartes de visites (personnels ou de la société).
– Un appareil photo (reflex, compact, smartphone de qualité…)
– Un plan de la ville, une carte routière et une carte topographique type IGN des villes, départements et régions à repérer !
– Et un sac à dos pour mettre tout ça avec la petite bouteille d’eau qui va bien, le répéreur est un être de chair et de sang :)

Ce qu’il faut savoir !
– Au delà de 50 kilomètres, la production doit loger l’équipe sur place.
– Le transport aller et retour, pour atteindre un décor depuis au lieu de rendez-vous (Paris) ou d’hébergement (en région) de l’équipe, doit être inférieur à 2h par jour.
– Au-delà de 2 heures de transport par jour aller et retour, les heures de déplacement sont décomptées comme heures de travail effectif.

# Mise à jour du 28 mai 2015 #

Victor Baussonnie

Victor Baussonnie

1er assistant réalisateur

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