Le kit de survie de l’assistant réalisateur en pub

Cela fait des semaines que vous attendez de savoir si vous êtes éligible à ce poste de deuxième assistant sur un long en annexe III tourné en Bourgogne. Vous commencez à trouver le temps long, quand votre téléphone sonne enfin. Surprise, le directeur de production, que vous aviez rencontré sur une web-série il y a deux ans, travaille désormais en publicité et vous propose un poste de premier assistant sur une pub tournée dans trois semaines.
Très confiant(e) en vos capacités, vous acceptez. Et vous avez raison, car la publicité est souvent très bien payée et offre généralement des conditions « de confort » bien supérieures à la fiction. Cependant, il s’agit d’un écosystème différent, avec des rapports de force qui lui sont propres.

Ce billet a donc pour but d’évoquer les singularités d’un tournage de film publicitaire par rapport à la fiction.Tout d’abord, on distingue deux types de films publicitaires : la catégorie Premium ou TVC (Television Commercial), qui est en général très bien financée, avec un niveau d’exigence très élevé… Puis, les films à destination du web qui constituent cependant la majorité des opportunités de travail. Les conditions y sont un peu moins favorables et la concurrence très rude.

Un tournage de film publicitaire se tourne entre un ou deux jours la plupart du temps.

Cela pousse les productions à réduire au maximum les devis, tout en garantissant une qualité premium, ce qui peut être à l’origine de journées assez intenses. Dans le cas de campagnes « 360° » (multisupport), les mêmes images peuvent être utilisées pour un spot TV, une diffusion web ou mobile et P.L.V. (Publicité sur le lieu de vente) avec des montages et des recadrages différents. Ces dispositifs peuvent également intégrer des éléments supplémentaires comme des photos, tutoriaux ou témoignages. Nous pourrions aborder dans un autre article les différences entre les tournages à destination « digitales » (web, etc) et « télévisuelles ».

En tant qu’assistant réalisateur sur une pub, vous pouvez être amené à gérer un photo-shoot. Dans le jargon publicitaire, on parle de “print”. Le photographe est alors l’alter ego du réalisateur mais lui va travailler en équipe plus légère. Souvent seuls deux assistants photo sont nécessaires, avec un régisseur plateau si vous êtes en studio. Dans le cas de tournages simultanés, photographe et réalisateur devront se partager les mêmes mannequins / talents. Mais aussi le même HMC, déco et autres. Il faudra donc entretenir une bonne communication pour qu’aucun plateau ne soit dans l’attente de l’autre.

Bien que la structure d’une équipe de tournage publicitaire soit très proche de celle d’une équipe de fiction, les processus de décision et de validation diffèrent.
Tout en haut de la pyramide se situe le client ; c’est lui qui a commandé et payé le film, et a bien sûr le « final cut ». Juste en-dessous se situe l’agence, qui a vendu le concept de la campagne au client, et fait valoir ses prérogatives créatives. On retrouve ensuite la société de production, représentée par le producteur et/ou le directeur de production. La communication entre l’agence et la société de production est facilitée par le TV Prod (embauché par l’agence).
La marge d’intervention du réalisateur est limitée par celle de tous les intervenants précités. Le premier assistant est souvent seul aux côtés du réalisateur, un second étant nécessaire seulement si le nombre de rôles, figurants ou décors le nécessite. La présence d’une scripte est très rare.

Le jargon utilisé connaît quelques variations par rapport à la fiction : le maquillage et la coiffure sont regroupés sous le vocable de « glam team », tandis que la costumière devient une styliste, et chaque costume est appelé « look ». Si l’agence ou le client vous parlent de la feuille de route, pas de panique, il s’agit de la feuille de service.

Les grandes sociétés qui produisent les publicités sont entre autres : Quad, LA PAC, Frenzy, Henry de Czar, Iconoclast, Soixan7e Quin5e, Caviar, Les Fils De, Big, Moonwalk, Standard, General Pop, Phantasm, etc. Cette liste est loin d’être exhaustive! Il arrive que la société de production soit intégrée à l’agence. Par exemple Prodigious faisant partie de Publicis ou General Pop faisant partie de BETC. Les fonctions agence et production restent cependant clairement séparées.

En préparation

L’assistant réalisateur est mis à contribution assez tard dans la pré-production. En amont de son intervention, un processus de réflexion et négociation entre réalisateur, production, client (travaillant pour l’annonceur) et agence a déjà été mené sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Cette phase préparatoire a permis d’arrêter des choix concernant l’écriture, le casting, les repérages, le découpage, la direction artistique (notamment le HMC, la décoration et les éventuels SFX/VFX). Tous ces éléments sont intégrés dans un document type PDF, communément appelé le « brief ». Les orientations artistiques y sont présentées sous la forme de « mood board » (inspirations qui vont orienter le choix définitif).

Le « brief » est généralement le premier document envoyé à l’assistant ; il est rare qu’il y ait un script séparé. Il est essentiel pour l’assistant de le parcourir en entier pour « sentir » le film. L’angle utilisé par l’agence pour convaincre le client, la place apportée à chaque élément sont autant d’informations qui vont aider à déterminer les gros « dossiers » du film. Si 23 pages sur 50 sont consacrées au seul maquillage, il est clair que l’aspect beauté sera déterminant et que la « glam team » aura un rôle prépondérant à jouer. De même, si le brief insiste sur des références de directeur de la photographie, cela doit vous mettre la puce à l’oreille sur le travail en lumière à prévoir.

L’élément le plus concret du « brief » est le « storyboard », qui constitue un cahier des charges contractuel. Même s’il y a 40 plans pour un film de 30 secondes et qu’il semble probable que la moitié ne sera pas montée, il faut bien sûr tous les prévoir au plan de travail. Il est rare que les plans soient numérotés, et le découpage n’est pas forcément évident à visualiser quand les valeurs de plan sont assez proches.

C’est l’occasion d’appeler le réalisateur, pour la première fois, afin de clarifier le découpage et récupérer un maximum d’informations. Le « brief » n’est en effet pas un document technique et s’apparente plutôt à une note d’intention très poussée, à la mise en page soignée. Les précisions du réalisateur sont donc essentielles à ce stade (par exemple sur les mouvements de caméra, les VFX, etc). Les indications sur la direction des acteurs / modèles varient selon le type de projet.

Studio LB Paris

Il est fortement recommandé d’appeler les chefs de poste dans la foulée, pour prendre connaissance de leurs contraintes. Les timings serrés de la fiction ne s’appliquent pas forcément, et il n’est pas impossible qu’un chef opérateur demande trois heures de « prelight » pour éclairer un studio avec cyclo vert, ou que la chef maquilleuse annonce que la pose d’un rouge à lèvres ou vernis à ongles, pour un très gros plan ou insert, nécessite à elle seule une heure de travail ! (On passera sur les nombreux cas de figures chronophages : un comédien ou modèle « star », les plans macros, les interventions du client…).

Un cyclorama ou cyclo est un fond qui donne l’illusion d’un arrière plan totalement uni, sans ligne d’horizon ou de fuites. Il peut être blanc, bleu ou vert. Voir photo ci-avant.

Attention également au stylisme ; s’il n’est pas validé la veille du tournage, vous risquez de voir la styliste débarquer le matin avec plusieurs dizaines de tenues qu’elle va proposer au client avant le PAT (Prêt à tourner). Cette validation peut être très longue.

Dans la mesure du possible, une validation de stylisme en amont et un « prelight » la veille du tournage peuvent vous faire gagner un temps précieux le jour J. S’il s’agit d’un tournage mode ou beauté nécessitant des temps de HMC (Habillage Maquillage Coiffure) assez longs, on peut demander au directeur de la photographie (avec l’accord de la production) s’il a besoin d’une doublure lumière. Cette personne à la morphologie proche du mannequin principal sera habillée dans un « look » similaire et permettra au travail de lumière d’avancer en parallèle du HMC.

Il faut savoir que les mannequins et talents coûtent très cher à la production. Pour éviter les heures supplémentaires, il est conseillé, lorsque c’est possible budgétairement et dans le storyboard, d’utiliser des doublures. Doublure lumière donc, pour mettre en place le plan pendant que le mannequin est au HMC, mais aussi doublure mains dite « hand model » et doublure corps pour les plans rapprochés et/ou gros plans des parties du corps concernées.

Comme vous le feriez en fiction, vérifiez avec les intéressés les temps d’installation de tel ou tel type de machinerie (grue et voiture travelling par exemple), le nombres de passes à effectuer pour un tournage avec VFX, bref tout ce qui sort de l’ordinaire et que votre expérience ne permet pas forcément de quantifier.
C’est d’autant plus vrai pour les métiers les plus mystérieux comme le stylisme alimentaire ou les SFX de matières. Si vous devez filmer une noisette tomber dans le chocolat avec une caméra haute vitesse type Phantom (1000 images/seconde), une réunion avec toutes les personnes impliquées n’est pas superflue. Ce n’est hélas pas toujours possible avec ces techniciens ultra-spécialisés qui tournent presque tous les jours. Dans ce cas, il est impératif de les appeler pour éviter toute surprise.

Si le travail à effectuer semble déraisonnable par rapport à la durée de tournage décidée en amont de votre arrivée, c’est le moment d’en parler à la production. Il est essentiel d’alerter sur le risque d’heures supplémentaires le plus tôt possible, quitte à proposer une journée de tournage supplémentaire. Une journée optimale représente une amplitude de 12 heures. Charge à l’assistant de négocier son salaire en connaissance de cause, et celui de son second quand il peut en avoir un ! À noter que le second assistant n’a quant à lui pas toujours de jours de préparation, il peut arriver qu’il commence le jour-même du tournage. À lui de savoir vite se mettre dans le bain !

L’instauration d’une relation de confiance entre l’assistant et le directeur de production est indispensable. Ce dernier, qui se situe au carrefour des flux d’informations entre les décisionnaires et l’équipe, sera votre interlocuteur principal pendant la préparation, sans doute plus que le réalisateur.
Le producteur peut quant à lui aider à arrondir les angles avec le client en phase de préparation. Le régisseur général peut également être d’une grande aide, de par sa connaissance transversale des dossiers. Cela n’empêche pas de suggérer poliment à la production l’organisation de telle ou telle réunion ou « conf call » afin de clarifier les informations en préparation.

Source : comin.madmagz.news

Dans tous les cas, l’élaboration d’un document technique de tournage est une bonne idée. Une solution simple consiste à extraire du « brief » les images de storyboard (avec un utilitaire payant ou la commande MAJ-CMD-4 sur Mac qui permet de cadrer les captures d’écran, ou encore Impr écran sur PC), et les intégrer dans un tableau Excel. Les colonnes peuvent être réparties ainsi, selon les besoins : numéro de plan (souvent décidé par l’assistant), effet, vignette, rôle, notes techniques (mouvement de caméra, double passe, éclairage spécifique, etc), stylisme, déco/accessoires, dialogues. Le document sera organisé dans l’ordre de montage, et constitue un cahier des charges technique qui prend en compte les besoins de chaque département. Quand il semble complet, il peut être utile de le faire circuler entre les chefs de poste pour vérifier que tout le monde est d’accord (sauf s’il s’agit d’un tournage très simple).

Ce document peut ensuite très facilement être transformé en plan de travail, en agençant les plans dans l’ordre de tournage choisi et en créant un document séparé pour chaque journée de travail. On y ajoutera bien sûr les temps de préparation en début de journée et la pause repas.
Même si l’assistant avisé aura fait une estimation de temps de tournage plan par plan, il n’est pas obligatoire d’en partager le détail avec l’équipe. Les horaires de préparation et de tournage matin et après-midi sont amplement suffisants. Le document obtenu est bien plus détaillé qu’un plan de travail de fiction organisé en baguettes et permettra à l’assistant de gérer efficacement un tournage où tout se joue sur quelques heures.
Si le tournage s’étale sur plusieurs jours, il n’est cependant pas inutile de créer en parallèle un plan de travail plus traditionnel pour garder une vision d’ensemble.

Si jamais le tournage comprend plusieurs plateaux qui tournent simultanément, il est fortement recommandé de faire figurer tous les plateaux dans le même document. Dans ce cas le nombre de colonnes sera réduit pour que le document reste lisible. Il est impératif d’anticiper le temps de présence de chaque rôle / talent sur chaque plateau, et le degré d’intervention du réalisateur sur les plateaux secondaires, afin de ne retarder personne. Avoir au moins un 2nd assistant par plateau supplémentaire n’est pas un luxe, pour ne pas dire indispensable !

Il faut également prendre en compte un élément quasi-incontournable: le « pack shot ». Ce plan fixe du produit, généralement calé en fin de journée, peut se révéler extrêmement chronophage; tout dépend de ce qui est demandé.
Si deux flacons de shampoing posés sur une table devant un cyclo blanc peuvent être tournés en trente minutes, essayez d’en savoir plus : « Doit-on aussi filmer un flacon anglais ? Neutre ? (aucun texte, chaque pays le rajoutant en post-production). Veut-on plusieurs positions des flacons ? La lumière est-elle en mouvement ? Le produit doit-il être mis sur une tournette ? »

Le cas le plus extrême rencontré a été le « pack shot » dans une salle de bains minuscule d’une gamme de quatre produits, présentés en dix versions nationales différentes, avec une lumière simulant un feu d’artifice raccord avec le plateau principal tournant à proximité. L’équipe dédiée au plateau « pack shot », encadrée par un deuxième assistant sous le contrôle d’un créatif de l’agence et des responsables marketing de chacun des dix pays européens concernés, a mis six heures à en venir à bout.

Cette durée avait heureusement été anticipée en amont. Dans tous les cas, il faut se rapprocher du directeur de la photographie pour estimer le temps nécessaire au pack shot et clarifier avec le client la quantité de variations à fournir (c’est normalement le rôle du TV prod).

Pour optimiser au maximum le temps le jour du tournage, il est important de récupérer le nombre d’exemplaires de produits indispensables au tournage en amont de ce dernier. Cela permettra de partager photos et vidéos, taille du produit, etc. aux départements concernés (« DOP » et accessoiriste) et donc de pouvoir répondre à bon nombre de questions avant le jour J.

Les documents créés à ce stade peuvent encore évoluer à l’issue des « P.P.M. » (Pre-Production Meetings).
La P.P.M. « agence » ne concerne que réalisateur, production et agence. La P.P.M. « client », calée quelques jours avant le tournage, y ajoute le représentant de l’annonceur. L’assistant peut être convié à la P.P.M. « client » pour présenter son plan de travail ou si le tournage est imminent.
La préparation du tournage ne peut être finalisée qu’à la vue des décisions prises en P.P.M. « client ». Un compte rendu est alors envoyé et les choix définitifs sont communiqués à l’équipe par le directeur de production.
C’est l’occasion pour l’assistant de finaliser ses documents. Le plan de travail définitif sera généralement envoyé par la production à l’ensemble de l’équipe ainsi qu’au client et à l’agence. Les convocations des rôles ou mannequins sont normalement assurées par la production.

Il n’est pas rare de recevoir des dialogues modifiés en fin de soirée la veille du tournage, après que tous les documents aient été envoyés par email. Dans ce cas il est préférable de modifier le plan de travail avec les bons dialogues et de le réimprimer pour la journée, sans refaire de mail général pour éviter toute confusion.

En tournage

Il est de bon ton d’arriver dans les premiers après la régie. Ce petit temps supplémentaire permet de faire le point avec la production et le réalisateur sur les dernières modifications, refaire des impressions si nécessaire, et installer sur le plateau un poly noir sur lequel on punaisera le storyboard dans l’ordre de montage, afin de pouvoir barrer les plans au fur et à mesure du tournage. On s’assurera également de la présence du ou des produits à filmer, généralement amenés par la production ou la régie.

Le client et l’agence peuvent être convoqués environ trente minutes avant le PAT, sauf s’ils ont le stylisme à valider (auquel cas leur présence sera nécessaire beaucoup plus tôt). Au moment de leur arrivée, il faut essayer de déterminer qui est réellement décisionnaire. En général, le créatif de l’agence à l’origine du film interviendra beaucoup auprès du réalisateur et de l’assistant pour obtenir un résultat conforme à sa vision. Le responsable marketing représentant le client sera lui aussi très impliqué. Il est vraiment important d’identifier ces deux personnes, et de retenir leurs prénoms. Il y aura probablement autour d’eux une demi-douzaine de personnes supplémentaires, dont le rôle n’est pas forcément évident. Il est possible que l’une de ces personnes soit le chef de produit dont vous tournez le film. N’hésitez pas à mettre son expertise à contribution avant de tourner la moindre image si le produit nécessite un assemblage (comme un jouet par exemple), ou si les comédiens doivent porter un uniforme emblématique de la marque. Il est toujours désagréable de voir le visage du TV prod se décomposer en entendant le client demander vers 16h30 “mais au fait, le badge, il ne le porte pas à droite normalement ?”

Attention également aux produits en apparence anodins (nos fameux flacons de shampoing par exemple), qui peuvent arriver en pièces détachées, avec d’un côté les flacons neutres et de l’autre des étiquettes en français, thaï, turkmène et bulgare ! S’il n’y a pas d’accessoiriste prévu et que cela n’a pas pu être anticipé en prépa, on peut éventuellement demander à un régisseur ou un assistant de production de coller les étiquettes sur les flacons, sous la supervision du client, avant le pack shot prévu en fin de journée.

Le tournage du premier plan commence. Au bout de quelques prises, le réalisateur est satisfait. C’est le moment où il va montrer quels rapports il entend entretenir avec le client et l’agence. S’il se dirige naturellement vers le « vidéo village » (zone du retour image) où se trouvent nos décisionnaires et leur demande s’ils sont satisfaits, le travail se fera normalement en bonne intelligence. Par contre, s’il ne manifeste aucun intérêt envers leur avis, c’est à l’assistant de prendre le relais en fin médiateur, et de venir demander avec le sourire si tout leur convient, avant d’annoncer le passage au plan suivant. En fonction de la distance entre vidéo village et plateau, le deuxième assistant peut être amené à relayer les commentaires du client par talkie.

Ce processus peut être assez long, car ils ne seront pas forcément d’accord entre eux. Des relectures seront souvent demandées afin de rassurer tout le monde. Attention, dans le cas d’un tournage en Phantom (caméra haute vitesse ou “high speed” citée précédemment), ces relectures peuvent prendre un certain temps. Si les discussions de validation s’éternisent, il est préférable de proposer de refaire une prise directement pour gagner du temps. Il est essentiel de garder une attitude ouverte et souriante envers agence et client, même en voyant l’heure défiler.

Si les demandes commencent à être disproportionnées et mettent en danger la journée, il faut impérativement faire intervenir la production. Le producteur dispose de la légitimité nécessaire pour faire comprendre au client que ses exigences sont en décalage par rapport au budget. Ce n’est en aucun cas à l’assistant réalisateur de se mettre en porte-à-faux avec le client.

Pendant le tournage, l’assistant peut être confronté à des situations surprenantes, notamment sur les tournages mode ou beauté sans dialogues : les choix de casting se portent souvent sur de jeunes mannequins sans expérience de comédie. Ces jeunes femmes de 16-17 ans, habituées à des shootings photo destinés à produire cinq ou six images en une journée, peuvent être déstabilisées par le rythme d’un plateau de tournage, les directives du réalisateur et les annonces de l’assistant. Charge à ce dernier d’adapter son ton pour ne pas les brusquer. Une première expérience de tournage peut être vraiment déstabilisante, et il faut savoir sentir si la pression appliquée est trop forte.Autre aspect compliqué de ces tournages mode ou beauté : la diffusion de musique sur le plateau. Les professionnels de ces secteurs sont habitués à travailler en musique, et vont parfois passer des jours à préparer leur “playlist” pour le tournage. Le but est d’insuffler au mannequin une énergie qui se verra à l’écran. Cela peut se comprendre. Pour l’assistant, cela implique de crier très fort pour se faire entendre par-dessus le vacarme, et pour l’équipe technique l’expérience peut vite se révéler épuisante. Si la musique reste indispensable pour les plans impliquant danse ou mouvements corporels, l’assistant obtiendra la reconnaissance éternelle de l’équipe s’il arrive à la faire couper pour les plans matières ou SFX !

Au fur et à mesure de la journée, la collaboration se fluidifie, et en général les dernières validations se passent bien, sous réserve que vous ayez eu une attitude ouverte et patiente envers le client. S’il est satisfait à la fin de la journée, et si les temps de travail prévus n’ont pas été dépassés, félicitations, vous avez gagné votre pari ! A l’avenir ce sera dans la grande majorité des cas la production qui vous rappellera, les réalisateurs de publicité ayant rarement un assistant attitré. Vous pouvez savourer votre succès en sirotant la coupe de champagne offerte par la production, tout en gardant en tête que les délais de paiement des salaires et notes de frais peuvent parfois être plus longs qu’en fiction. Vous attendrez demain avant de recommencer à vous inquiéter de ce film en Bourgogne !

En conclusion, une carrière d’assistant en publicité est parfaitement compatible avec une carrière en fiction. Quelle que soit votre expérience dans le métier, multiplier les tournages en publicité et fiction est tout à votre avantage pour développer vos capacités à être diplomate, soucieux des détails et efficace. La multiplicité des expériences publicitaires, à l’éventail très varié, sera très enrichissante pour votre carrière d’assistant !


Un témoignage d’Olivier Bizet, 1er assistant réalisateur, réalisé en collaboration avec Sophie Deutsch, 2nde assistante réalisateur et la communauté participative ARAssociés.

Pour en savoir plus :

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> Les 10 sociétés de productions qui représentent le futur de la production française
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